Côte-d'Or : le château de La Rochepot, un édifice au cœur d'une incroyable affaire d'escroquerie présumée | TF1 INFO

LCI - 20/05
[VIDÉO] Le château de La Rochepot, en Côte-d'Or, a été saisi par la justice en 2018. L'édifice est la victime collatérale d'une escroquerie impliquant un homme d'affaires ukrainien. "Sept à Huit Life" a enquêté sur cette affaire rocambolesque. - Côte-d'Or : le château de La Rochepot, un édifice au cœur d'une incroyable affaire d'escroquerie présumée (Police, justice et faits divers) - TF1 INFO

Le château de La Rochepot, en Côte-d'Or, a été saisi par la justice en 2018.
L'édifice est la victime collatérale d'une escroquerie impliquant un homme d'affaires ukrainien.
"Sept à Huit Life" a enquêté sur cette affaire rocambolesque.

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Sept à Huit Life

Édifié au XIIe siècle, le château de La Rochepot, joyau de la Bourgogne perché sur un rocher, a été restauré à plusieurs reprises durant ses 800 ans d'existence. Mais aujourd'hui, il risque à nouveau la ruine. Le château se dégrade de jour en jour, envahi par les ronces et les orties. Les tuiles en ardoise noircissent, les huisseries pourrissent et le lierre envahit la façade.

Le château de La Rochepot est en réalité laissé à l'abandon depuis sa saisie par la justice en 2018. La raison ? L'édifice se trouve au beau milieu d'une affaire d'escroquerie internationale présumée. Un homme d'affaires ukrainien, Dmitri Malinovsky, sa maîtresse, l'Ukrainienne Olga Kalina, et l'un de ces chauffeurs, le Moldave Alexandru Arman, sont dans le collimateur de la justice. Dmitri Malinovsky est accusé dans son pays d'avoir détourné près de 13 millions d'euros et de s'être fait passer pour mort afin d'échapper à la justice. Miraculeusement ressuscité en Bourgogne, il aurait blanchi une partie de l'argent volé en achetant le château de La Rochepot... Le reportage à regarder en tête de cet article, diffusé ce dimanche dans "Sept à Huit Life", retrace cette affaire. 

Des artisans non payés

Tout commence en 2015. Cette année-là, les héritiers de Sadi Carnot, ancien président de la République, et de son épouse Cécile Carnot, vendent le château à des investisseurs lituaniens basés au Luxembourg, pour 2,5 millions d'euros. Ces derniers souhaitent rénover les lieux et entamer une activité de négoce de vin. Les nouveaux propriétaires engagent Romuald Pouleau comme gardien et régisseur, un rêve pour cet arrière-petit-fils de gardiens du château. Romuald Pouleau sollicite les artisans locaux pour entamer la rénovation. Mais au bout de quelques mois, il découvre que ces ouvriers ne sont pas payés. Selon le régisseur, le représentant des investisseurs lituaniens tente de rassurer tout le monde et procède à quelques virements vers le compte du château, des sommes dont la provenance demeurait inconnue. "Et au bout d'un moment, il n'y a plus du tout eu de virement et les factures ont commencé à s'accumuler", explique Romuald Pouleau.

La colère gronde au village et parvient à la rédaction du journal local Le Bien Public, où le journaliste Manuel Desbois va enquêter. "Je me suis rendu compte que tout partait complètement en vrille. Les employés étaient tous devant les prudhommes. La cotisation à l'office de tourisme n'était plus payée et il y avait des ardoises quand même de plusieurs milliers d'euros chez 8 à 12 artisans du coin", raconte Manuel Debois devant la caméra de "Sept à Huit Life".

Un faux patron

L'article qu'il écrit sur ce scandale va attirer l'attention du procureur de Dijon, qui lance alors une information judiciaire. Officiellement, le gérant du château est un certain Alexandru Arman, un Moldave installé avec sa femme au village de La Rochepot. Mais en interrogeant les salariés, les enquêteurs vont se rendre compte que cet homme n'est pas le vrai patron. Romuald Pouleau les met alors sur la piste du représentant des investisseurs, avec qui il avait déjà échangé. 

Cet investisseur n'est autre que Dmitri Malinovsky. Mais auprès du personnel du château, il a longtemps gardé son identité secrète et se présentait sous de faux prénoms. S'il est omniprésent dans le château, Dmitri Malinovsky n'apparaît pourtant sur aucun document officiel. Sur les différentes sociétés qui gèrent le château, l'une est au nom de sa femme, Alla Malinovska, l'autre au nom de sa maîtresse, Olga Kalina, et deux autres au nom d'Alexandru Arman, qui n'est autre que son ancien chauffeur. Dmitri Malinovsky a fait fortune dans le commerce international. Lorsqu'il s'installe en France, le richissime homme d'affaires mène une vie fastueuse, avec sa femme et leurs enfants, mais aussi avec Olga, qui s'est installée à Beaune avec leurs jumeaux.

Une entreprise "piégée"

Les enquêteurs découvrent que Dmitri Malinovsky est recherché dans son pays pour une escroquerie rocambolesque. Il aurait volé près de 13 millions d'euros en 2015, six mois avant l'achat du château. La victime serait la société Dreymoor, spécialisée dans les fertilisants agricoles. Son directeur financier, basé à Singapour, a accepté de raconter à TF1 comment, selon lui, Malinovsky les a piégés. À l'époque, l'entreprise cherche à acheter de grandes quantités d'urée et d'ammoniac. Elle contacte donc Dmitri Malinovsky, qui peut accéder aux stocks de l'usine du port d'Odessa (Ukraine). Dans ce type de transaction, l'acheteur verse l'argent à l'intermédiaire, qui transmet ensuite les fonds à l'usine avant la livraison. Selon la société Dreymoor, Malinovsky s'est tout simplement volatilisé avec les 13 millions d'euros qu'elle lui a versés pour qu'il les transfère ensuite à l'usine.

Pour échapp...
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